Pourquoi choisir le lac d’Orta pour votre prochain voyage en Italie?
Le lac d’Orta, souvent appelé « Cusio », n’est pas un simple décor de carte postale. C’est un espace vivant, où le temps semble s’être arrêté dans les années 1920, entre ruelles pavées, façades pastel et eaux calmes qui reflètent les montagnes du Piémont. Moins connu que le lac de Côme ou le lac Majeur, il échappe à l’affluence des grandes foules, offrant une intimité rare.
Ce n’est pas une destination pour ceux qui cherchent la fête ou les boutiques de luxe — c’est un refuge pour ceux qui veulent respirer, observer et sentir l’authenticité. À seulement 80 kilomètres de Milan, il se révèle comme une pause nécessaire, un antidote au rythme effréné des grandes villes.
La particularité du lac d’Orta réside dans sa taille: 13,4 kilomètres de longueur pour 2,5 kilomètres de largeur. Cette dimension humaine permet de l’explorer entièrement en une journée, sans pression. Les rives, en grande partie préservées, ne sont pas bordées d’autoroutes ou de complexes hôteliers.
Elles accueillent des chemins de randonnée, des jardins secrets et des petites embarcations qui glissent silencieusement sur l’eau. Ici, le bruit le plus constant est celui des oiseaux aquatiques ou le clapotis doux contre les quais. C’est cette sérénité qui attire les artistes, les écrivains et les couples en quête de quiétude.
Les saisons transforment entièrement l’ambiance du lac. En printemps, les azalées et les rhododendrons en fleurs embaument les collines. En été, les soirées sont douces, idéales pour une balade en bateau au coucher du soleil.
En automne, les teintes dorées des châtaigniers se reflètent dans les eaux, créant un paysage presque onirique. L’hiver, bien que plus calme, révèle une beauté austère et poétique, où les montagnes sont parfois couronnées de neige et les rues du village vides, presque sacrées.
Orta San Giulio: le cœur historique du lac d’Orta
Le village d’Orta San Giulio est l’âme du lac. Implanté sur la rive orientale, il s’offre comme un théâtre de pierre et de couleur, où chaque coin de rue révèle une nouvelle surprise. Les maisons aux façades jaunes, roses, vertes et ocre se succèdent, leurs balcons surplombant les ruelles étroites qui mènent inévitablement à la place principale.
Ce n’est pas un lieu conçu pour le tourisme de masse — c’est un lieu vécu, où les habitants connaissent les noms des visiteurs fidèles. Ici, le temps compte moins que la qualité des instants partagés.

La Piazza Mario Motta: le point de rencontre du village
La Piazza Mario Motta est bien plus qu’une simple place. C’est le poumon du village. Bordée d’arcades en pierre, elle abrite des terrasses où l’on déguste des glaces artisanales à la vanille de Madagascar ou au pistachio torréfié.
Le Palazzo della Comunità, ou Broletto, datant de 1582, domine l’une des extrémités. Son escalier en pierre, encore utilisé aujourd’hui, offre une vue panoramique sur la place et le lac. Derrière ses vitres, une fresque baroque représente la Vierge et les saints François et Jules — visible sans entrer, comme un secret offert à ceux qui s’arrêtent.
Les bancs en bois, placés sous des platanes centenaires, invitent à la méditation. Les pêcheurs du village viennent y réparer leurs filets, tandis que les touristes, plus discrets qu’à Côme, prennent le temps de lire ou d’écrire. Les matins sont réservés aux habitants, les après-midi aux visiteurs.
Chaque moment a son rythme, et chaque rythme a sa beauté.
L’église paroissiale de Santa Maria Assunta
En gravissant la ruelle pavée qui monte du centre du village, on atteint l’église Santa Maria Assunta, construite au XVe siècle. Sa façade, remaniée en 1940, prend une teinte dorée exceptionnelle en fin de journée, lorsque le soleil l’embrase. L’intérieur, aux trois nefs couvertes de fresques, est un sanctuaire de couleurs et de détails.
Les peintures, moins connues que celles de Sienne ou de Florence, dépeignent des scènes de la vie de la Vierge avec une douceur qui touche profondément. L’absence de foules permet d’observer chaque détail — les vêtements des anges, les regards des saints, les ombres subtiles dans les drapés.
L’église est ouverte tous les jours de 9h à 18h. L’entrée est gratuite, et les locaux vous saluent d’un sourire silencieux. Il n’y a pas de panneaux explicatifs.
Il n’y a pas besoin de les avoir. La foi, ici, se respire, elle ne s’explique pas.
La Villa Bossi et ses jardins sur le lac
Derrière de simples grilles en fer forgé, cachées dans la rue Bossi, se trouve la Villa Bossi, ancien palais du XVIIe siècle aujourd’hui occupé par la mairie. Son jardin, peu connu des guides touristiques, est un havre de paix. Les allées de gravier, bordées de buis taillés et de rosiers anciens, débouchent sur une terrasse qui surplombe le lac.
De là, on voit l’île de San Giulio, les montagnes, les bateaux qui glissent. Le silence est total, sauf le bruit d’une feuille qui tombe.
Le jardin est accessible gratuitement, et les habitants viennent y pique-niquer le dimanche. Ce n’est pas un parc pour touristes — c’est un lieu de vie pour les ortesi. L’accès est simple, mais il faut chercher.
Et c’est ce qui le rend précieux.
L’île de San Giulio: un écrin de spiritualité
L’île de San Giulio, à peine à 400 mètres de la rive, est une île au sens littéral du terme: isolée, sacrée, presque intouchée. Un petit bateau, desservi toutes les demi-heures, la relie au village. Le trajet dure huit minutes.
Il n’y a pas de voitures sur l’île — seulement des pas, des pèlerins, et des oiseaux.

La basilique romane et le monastère
La basilique, construite au XIIe siècle, est un chef-d’œuvre du roman lombard. Ses murs épais, ses petites fenêtres, ses colonnes en marbre rose, tout ici annonce la stabilité, l’éternité. À l’intérieur, les fresques décrivent la légende de Saint Jules, qui, selon la tradition, traversa le lac sur son manteau pour chasser un dragon et des serpents.
Les représentations de cette légende — le saint debout sur le manteau, le dragon recroquevillé — sont d’une simplicité saisissante.
Le cloître baroque, ajouté au XVIIe siècle, est un lieu de paix absolue. Les arches, les mosaïques, les carreaux de terre cuite, tout y respire la retraite. Les moines ont quitté l’île depuis longtemps, mais l’atmosphère demeure.
Les visiteurs parlent à voix basse. Les enfants ne courent pas. Il y a une énergie ici que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur le lac.
Explorer les environs du lac d’Orta
Le lac d’Orta n’est pas uniquement Orta San Giulio. Son charme s’étend bien au-delà du village principal. Les environs, souvent négligés par les guides, regorgent de trésors cachés, accessibles à pied, en vélo ou en voiture.
Le Sacro Monte d’Orta: un site classé à l’UNESCO
À 400 mètres d’altitude, au-dessus d’Orta San Giulio, le Sacro Monte d’Orta est l’un des neuf sites du Piémont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce complexe religieux, fondé au début du XVIIe siècle, est composé de vingt chapelles successives, chacune dédiée à un épisode de la vie de Saint François d’Assise. Le chemin qui y mène, ombragé par des châtaigniers et des sapins, est une promenade spirituelle.
Chaque chapelle contient des groupes sculptés en terre cuite et peintes, réalisés par des artisans locaux. Les expressions des visages, les gestes des personnages, les drapés des habits sont d’une réalisme émouvant. Il faut au moins deux heures pour les parcourir toutes.
Le dernier point offre une vue imprenable sur le lac, l’île et les montagnes. On comprend alors pourquoi ce lieu a été pensé comme une retraite contemplative.
Pella et la Madonna del Sasso
Sur la rive ouest du lac, le village de Pella offre une alternative plus calme à Orta San Giulio. Ses quais sont moins fréquentés, ses cafés plus discrets. Mais c’est le sanctuaire de la Madonna del Sasso, perché à 8 kilomètres de Pella, qui en fait la destination incontournable.
Le sanctuaire, bâti sur un énorme rocher, a été construit au XVIe siècle après une apparition miraculeuse. Le chemin pour y accéder — une route sinueuse et étroite — n’est pas facile, mais le panorama, au sommet, est à couper le souffle. De là, on voit tout le lac, comme une échelle de couleur, du bleu profond au vert émeraude.
Les cloches du sanctuaire résonnent dans les vallées. Les croyants viennent déposer des offrandes. Les touristes viennent en silence.
Comment se rendre au lac d’Orta et où séjourner?
Le lac d’Orta est facilement accessible depuis Milan en environ une heure par l’autoroute A8. Depuis Stresa, sur le lac Majeur, il faut seulement 30 minutes en voiture. Les trains relient Novara à Omegna, d’où un bus assure la liaison jusqu’à Orta.
Il n’y a pas de gare directe sur le lac, ce qui est une bonne chose — cela protège l’endroit de l’affluence.
Pour l’hébergement, privilégiez les chambres d’hôtes familiales. Les hôtels de charme, comme l’Hotel Bocciolo ou l’Hotel Leon d’Oro, proposent des chambres aux murs épais, aux lits larges, aux baies vitrées donnant sur l’eau. Les prix pour une nuit varient entre 120 et 180 euros en basse saison.
En été, ils peuvent doubler — mais la qualité de l’expérience justifie le coût.
Évitez les week-ends de juillet et août si vous cherchez la tranquillité. Les Milanais viennent en masse, et les ruelles se remplissent. Une visite en mai, en septembre ou en octobre offre la meilleure expérience: des températures agréables, des couleurs vibrantes et une atmosphère presque intime.
Un rituel du soir sur le lac d’Orta
Chaque soir, vers 19h30, les habitants d’Orta San Giulio prennent l’habitude de se retrouver sur les quais. Ils ne parlent pas beaucoup. Ils regardent.
Ils observent la lumière du soleil se poser sur l’île de San Giulio, puis disparaître derrière les montagnes. Les lumières des maisons s’allument une à une. Les bateaux s’immobilisent.
Le silence s’installe.
C’est un moment que l’on ne peut pas acheter. On ne peut pas le réserver. On ne peut pas le photographier.
Il faut simplement être là, assis sur un banc, les mains sur les genoux, les yeux levés vers l’horizon. Ce rituel, invisible pour les touristes, est le véritable cœur du lac d’Orta. C’est là que l’on comprend pourquoi ce lieu, si petit, si discret, est devenu un refuge pour ceux qui savent écouter.
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Votre itinéraire recommandé:
Les saisons du lac d’Orta
Chaque saison apporte une nouvelle identité au lac. En avril, les premiers crocus percent la terre. Les jardins de la Villa Bossi s’éveillent.
Les oiseaux migrateurs reviennent. Il fait frais, mais les matinées sont limpides. C’est le meilleur moment pour marcher sans foule.
Mai et juin sont les mois où les paysages atteignent leur apogée. Les jardins sont en fleur, les vignes commencent à produire. Le lac est d’un bleu profond.
Les bateaux sont plus nombreux, mais pas encore envahissants. C’est la saison idéale pour une pause entre deux voyages.
Juillet et août sont les mois les plus fréquentés. Les températures peuvent monter jusqu’à 30 degrés. Les soirées restent douces, mais les ruelles se remplissent.
Pour les habitants, ce sont des mois de travail. Pour les visiteurs, il faut se lever tôt pour profiter du calme.
Septembre et octobre sont les mois les plus magiques. L’air devient plus frais, les couleurs changent. Les châtaigniers prennent des teintes d’or, d’orange, de rouge.
Le lac devient un miroir parfait. Les touristes ont disparu. Les terrasses sont calmes.
Les repas sont plus lents.
L’hiver, de novembre à février, est un autre monde. Le lac gèle parfois en bordure. Les ruelles sont vides.
Les maisons sont éclairées de l’intérieur. Les fêtes de Noël sont simples, sincères. Les cloches de l’église résonnent dans l’air froid.
C’est un lieu de solitude, mais aussi de profonde paix.
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La cuisine du lac d’Orta
La gastronomie locale est simple, profonde, ancrée dans la terre. Les spécialités sont à base de poissons du lac — truites, perches, brochets — préparés au beurre et au persil, ou grillés avec un peu d’huile d’olive. Les raviolis farcis au fromage de chèvre et aux herbes sauvages sont un incontournable.
Les pommes de terre de montagne, cuites dans des fourneaux en pierre, accompagnent chaque repas.
Le vin? Le Pinot Nero du Piémont, léger et fruité, se marie parfaitement avec les plats de lac. Les fromages locaux — comme le Robiola — sont crémeux, légèrement acidulés.
Et le pain? Un pain noir, croustillant, fait avec des céréales anciennes, que l’on déguste avec du miel de châtaignier.
Les restaurants ne sont pas nombreux, mais ils sont authentiques. Les plats sont préparés avec les produits du jour. Il n’y a pas de menu touristique.
Il n’y a que ce que les chefs ont cueilli, pêché ou élevé eux-mêmes.
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Comment préférez-vous déguster un repas au bord du lac?
La lumière du lac d’Orta
La lumière ici est différente. Elle ne brille pas, elle se dépose. Elle se glisse entre les arbres, elle caresse les pierres, elle éclaire les murs des maisons comme un voile de soie.
Les photographes viennent ici pour cette lumière — celle que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Elle change à chaque heure. À 7h du matin, elle est froide et claire.
À 17h, elle est dorée et douce. À 20h, elle est bleue, presque mystique.
Les artistes peignent ce qu’ils ressentent, pas ce qu’ils voient. Les poètes écrivent pour cette lumière. Les habitants la ressentent dans leur corps.
Ils savent quand il est temps de sortir, quand il est temps de rentrer. Ils n’ont pas besoin d’horloge. Ils ont la lumière.
Questions fréquentes
Est-ce que le lac d’Orta est accessible en hiver? Oui. Les routes restent ouvertes, les hôtels fonctionnent, et l’atmosphère est unique.
Certaines embarcations ne circulent plus, mais les sentiers et les églises sont toujours accessibles.
Faut-il réserver les visites à l’île de San Giulio? Non. Les bateaux partent toutes les demi-heures, sans réservation.
Il suffit d’arriver sur les quais et d’acheter son billet sur place.
Peut-on faire du kayak sur le lac? Oui. Des locations existent à Orta San Giulio et à Pella.
Le lac est calme, idéal pour les débutants. Il est recommandé de ne pas s’éloigner de la rive.
Les chiens sont-ils autorisés sur les quais? Oui. Les habitants sont tolérants.
Les chiens doivent être tenus en laisse dans les espaces publics.
Est-ce que le lac d’Orta est adapté aux personnes à mobilité réduite? Partiellement. Le village d’Orta San Giulio est en pente, avec des ruelles étroites.
La Piazza Mario Motta est accessible, mais le Sacro Monte et la Madonna del Sasso le sont moins. Il existe des itinéraires aménagés — renseignez-vous à l’office du tourisme.
Quelle est la meilleure période pour photographier le lac? Au lever du soleil, entre avril et octobre. La brume matinale flotte à la surface de l’eau, et l’île apparaît comme un mirage.
Y a-t-il des markets locaux? Oui. Le marché hebdomadaire a lieu chaque mercredi matin dans la Piazza Mario Motta.
On y trouve des fromages, du miel, des herbes, des légumes et des produits artisanaux.
Peut-on se baigner dans le lac? Oui, mais seulement dans les zones désignées. L’eau est froide, même en été.
Il n’y a pas de plages aménagées. La baignade est réservée aux habitants et aux plus courageux.